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 Le jour le plus long

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Cyrcée

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Messages : 348
Date d'inscription : 05/07/2016

MessageSujet: Le jour le plus long   Mar 20 Mar - 16:03

Cela faisait plusieurs heures qu'elle était debout dans sa chambre, nue, les bras et jambes légèrement écartés, entourée de trois femmes qui s'affairaient à lui dessiner des runes sur pratiquement tout le corps.  
 
Elles avaient commencé par le milieu de sa poitrine, à la naissance de ses seins, évasant et arrêtant les dessins juste au bas des épaules, créant ainsi une forme de décolleté plongeant dont le haut et le visage n'était pas peint. Tout le reste étant lentement recouverts d'étranges arabesques que les femmes recopiaient scrupuleusement suivants les ordres du Grand Prêtre.  
 
Au-dehors, Cyrcée entendaient les combattants Darfari chanter, rire, ce brouahaha étant régulièrement interrompu par le crachat d'une des femmes dans les petits bols contenant la peinture dont elle était recouverte.  
 
Quelques jours auparavant, une escouade d'une vingtaine d'hommes étaient partis chasser les squelettes au Tumulus des morts, ces morts-vivants effrayants de par leur nature mais aussi à cause de l'exceptionnelle luminescence qui se dégageait d'eux, les abattant et récupérant leur os. Une fois revenus, ces ossements avaient été minutieusement broyés, leur blancheur mélangée à la fluorescence qui en émanait créant une fine poudre bleutée.  
 
Cette dernière avait été précieusement gardée, et c'est elle qui recouvrait dorénavant la métisse, collée à son corps par la salive des femmes autour d'elle.  
 
Elle sentait le picotement de la magie des morts lentement l'imprégner, serrant des dents sous la multitude de petites pointes que la décoction empoisonnée faisait subir à son corps.  
 
Puis, brutalement, au moment même où l'une des femmes mettait le point final au rituel, finissant la dernière boucle de la dernière rune dessinée, tout le corps de Cyrcée se mit à briller intensément, la lueur bleutée illuminant un court instant toute la chambre. Puis tout aussi soudainement, l'immonde peinture faite d'os magiques et de salive s'infiltra dans tout le corps de la jeune femme, disparaissant totalement. Elle écarquilla les yeux, prenant une grande inspiration comme se préparant à hurler sa douleur, mais n'en eu pas le temps, s'effondrant comme une poupée de chiffon.  
 
Elle venait de mourir.  
 
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Elle ouvrit vivement les yeux, retenant de justesse le hurlement qu'elle allait pousser, se figeant pour regarder autour d'elle.  
 
Elle était nue, couchée sur un sol noir et humide. Lentement, avec précaution, elle s'asseya, regardant sa main au dos duquel apparaissaient toujours les motifs délicats peints d'une couleur noire onyx, faite à base de la chitine des araignées les plus noires rôdant dans les terres des exilés.  
 
Puis, son regard dériva sur ses bras, sa poitrine, son ventre, ses cuisses. La peinture blanche aux éclats bleus avait disparue, laissant, à la place, seulement perceptible du coin de l'œil ou sous un angle particulier, une sorte de miroitement argenté prenant la forme des runes dessinées par les trois femmes.  
 
Le Grand Prête l'avait preparé : ses mains contenant une magie offensive, et son corps était protégé par un bouclier. Elle était prête pour ce qui l'attendait.  
 
Silencieusement, elle se leva, inspectant les lieux.  
 
Elle était morte. Son corps était là-haut, dans le monde des vivants. Elle, sa conscience, son âme, avait été propulsé ici, dans une sorte d'immense grotte aux murs d'où dégoulinait paresseusement une eau noirâtre, impie. Une lumière blafarde et froide éclairant faiblement l'endroit.  
 
Au fond de l'énorme pièce s'étalait une forme d'un noir profond. Même éloignée de plusieurs mètres, Cyrcée entendait les hurlements des suppliciés que la chose avait en elle, parfois la forme d'une main ou d'un visage torturé apparaissait, comme cherchant à sortir sans jamais y parvenir.  
 
Un dévoreur.... Le démon qu'elle devait vaincre pour pouvoir s'accaparer ses pouvoirs et ainsi finir son initiation.  
 
Elle souffla, faisant légèrement bouger ses mains, se préparant à s'élancer et attaquer la chose grâce à la magie insufflée en elle.  
 
Elle amorçait sa course comme elle entendit un petit rire railleur dans son dos.  
 
"Penses-tu réellement terrasser un démon millénaire avec tes petits poings joliment décorés ?"  
 
Cyrcée se retourna d'un bloc au son de la voix, et hoqueta de surprise en voyant qui lui parlait....  
 
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Dans le monde des vivants, les trois femmes appelèrent des hommes au dehors, qui arrivèrent, toujours chantant, et prirent le corps inanimé de Cyrcée, le soulevant au-dessus de leur tête.  
 
Arrivés dehors, ils furent accueillis par des hurlements de joie, des chants féroces, tous les darfaris battant une violente cadence, sautant à pieds joints alors que le cortège funéraire avançait lentement au milieu d'eux, les porteurs chantant à tue-tête, claquant leurs pieds nus sur le sol en brique du Sanctuaire alors que la tête de Cyrcée renversée vers l'arrière ballotait au grès de leurs pas, ses yeux verts d'eau sans vie fermés, ses bras pendants de chaque côté, inertes.  
 
Devant l'autel de leur effroyable Dieu, Shomari, le grand prêtre attendait, le seul à être calme et silencieux.  
 
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En voyant la personne qui lui avait parlé, Cyrcée fit un pas en arrière, avant de trébucher et tomber durement sur le sol, fixant l'être, les yeux écarquillés de surprise, et de peur.  
 
Elle... c'était elle qu'elle voyait. Son double parfait, si ce n'est que l'entité avait des yeux entièrement noirs et des canines non limées, mais tout le reste était son parfait sosie.  
 
La métisse réussit à souffler : "Mais qui es-tu ?!".  
 
Son double lui fit un lascif sourire, s'approchant d'elle lentement, de cette démarche féline et chaloupée qu'elle connaissait pour être la sienne.  
 
"Je suis toi.... Je suis celle qui n'est pas née..." La femme émit un joli rire en cascade en penchant la tête. Ses yeux totalement noirs restant froids, sans aucune chaleur, alors que son sourire se faisait tendre. "Je suis ta jumelle, ma chère".  
 
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Le temps s'étirait parmi les vivants, la procession avançait lentement, venant à peine de dépasser les premiers bassins d'eau.  
 
Les chants de guerre et de joie s'entendaient de loin dans le Sud....  
 
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Cyrcée secoua lentement la tête, incrédule.  
 
"Mais je n'ai jamais eu de sœur !"  
 
Son double aux yeux noirs éclata de rire.  
 
"Oh si tu en a eu une, nous étions deux dans le ventre de Mère. Mais elle a prié notre Dieu, elle lui a dit de prendre la vie de son enfant, et qu'en contrepartie elle souhaitait la mort de notre père."  
 
La jumelle fronça joliment du nez "Elle n'a jamais su que Yog avait exaucé son vœu. Le temps pour un Dieu n'est pas le même que pour nous....vous.... les vivants." Elle fit un immense sourire carnassier, ses lèvres s'élargissant un peu trop ce qui fit frissonner Cyrcée. "J'ai été ton premier repas ma chère sœur ! Notre Dieu a pris mon âme dans le ventre de Mère, et toi.... et bien toi, tu as mangé mon petit corps !" Elle gloussa "Tu t'es parfois demandé ce qu'était cette toute petite dureté un peu au-dessus de ton nombril, n'est-ce-pas ? Et bien c'est moi soeurette ! Mon petit corps de fœtus qui s'est fossilisé pour n'être qu'une sorte de minuscule excroissance que tu ne sens même pas ! Le vœu de Mère a été exaucé, par toi. Un peu trop tard pour que Mère le voit, certes ! Mais que veux-tu…. Notre Dieu a bien des choses à faire, n’est-ce pas ? »
 
La métisse continuait à fixer la chose, totalement perdue.
 
« Que me veux-tu….. Tu….viens prendre mon âme pour te venger que je sois celle qui est née ? »
 
A nouveau, sa sœur jumelle éclata de rire, disparaissant subitement dans un nuage de fumée noire, pour réapparaitre dans le dos de Cyrcée, l’enlaçant tendrement, lui murmurant à l’oreille.
 
« Je suis là pour te sauver ma sœur. Shomari t’as trompé… Tu n’es pas ici pour vaincre le dévoreur… » Elle susurra lascivement «Tu es la sacrifiée…. »
 
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Le cortège arrivait au pied des escaliers menant à l’autel, les chants résonnaient, des cris de joie, la liesse était à son apogée.
 
Shomari restait calme, personne ne voyant le sourire féroce qu’il affichait, caché derrière son masque.
 
Tout ce qu’il avait prévu se déroulait à merveille, et aucun des Darfaris présents ne se doutaient de ce qui allait arriver.
 
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Cyrcée se crispa aux paroles et à la sensation du corps froid de sa sœur contre elle.
 
« Sacrifiée ?! »
 
Sa jumelle glissa à ses côtés, la regardant tendrement malgré ses yeux noirs.
 
«Le Grand Prêtre t’a menti depuis le début ma belle. » Elle prit les mains de Cyrcée dans les siennes, les embrassant, puis caressant du bout de ses ongles le corps de la métisse. « Ces dessins, ils ne sont pas pour toi, mais pour le Dévoreur. Shomari ne t’a rien appris, il t’a fait croire que tu étais prête, que ces runes te protégeraient…Il n’en est rien. Ces arabesques sur tes mains sont, il est vrai, des portes donnant accès à la magie des Anciens, et ceux sur ton corps sont bien un bouclier….. Mais sensé faire en sorte qu’une fois que le dévoreur aura envahi ton enveloppe corporelle, elle n’explose pas sous la puissance de l’entité. Ton âme est le sacrifice que Shomari lui fait.  
 
En échange, Le démon va faire remonter une partie de lui dans ton corps, et se mettra aux ordres du Grand Prêtre, alors que le reste restera ici, à te manger sans cesse, te torturant sans jamais te tuer jusqu’à la nuit des temps.  
 
C’est pour ca que tu es ici…. Pour permettre à un seul homme d’acquérir les pouvoir d’une entité démoniaque qui le fera régner sur la Terre des Exilés, et bien plus sûrement d’ici quelques mois.  
 
Cyrcée cligna des yeux, abasourdie, complétement anéantie par ce que sa sœur morte venait de lui révéler, comprenant brutalement pourquoi elle n’arrivait pas à créer quoi que ce soit, malgré les dires du Grand Prêtre, comprenant douloureusement qu’elle l’avait toujours confusément sentie mais s’était laissé aveugler par les belles paroles de l’homme, par son désir de liberté et d’indépendance…. Et par son propre orgueil.  
 
Elle parla d’une voix blanche, sans regarder sa sœur.
 
«Et je suis sensée faire quoi maintenant ? Pourquoi, toi, es-tu là…. Viens-tu me chercher pour m’emmener avec toi ? »
 
Son double gloussa un rire en lui caressant la joue.
 
« Oh non, je ne suis pas là pour t’emmener avec moi…. Mais pour que, toi !, tu nous sortes de là … »
 
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Lentement, en faisant attention que le corps sans vie de Cyrcée ne bascule, les hommes montèrent les escaliers, sous les chants et hurlements des Darfaris présents. Une cinquantaine d’hommes et de femmes, arborant des peintures religieuses, certains sautant le plus haut qu’ils pouvaient, le corps arqué par l’effort, les autres piétinant bruyamment le sol, tous chantants à tue-tête.
 
--------  
 
Cyrcée osa enfin fixer sa sœur droit dans les yeux.
 
« Mais je ne peux pas ! Je ne SAIS pas ! Tu l’as dit toi-même ! Shomari m’a floué ! Il ne m’a rien appris, à part des tours de passe-passe ridicules ! Comment veux-tu que je nous sortes de là !»
 
Sa sœur s’asseya en soupirant, secouant lentement de la tête, un petit sourire amusé flottant sur ses lèvres.
 
« Tu vas bientôt apprendre que le temps ici n’est pas le même que dans le monde des vivants. Il file différemment.. J’ai eu le temps d’apprendre bien des choses depuis notre naissance. Ce que tu ne sais pas, moi, je le sais déjà. Nous ne nous sommes jamais rencontrées auparavant, mais j’ai toujours su qui tu étais…. Et que le jour venu, il me faudrait t’aider » Elle sourit fièrement « Et me voila ! Pile ici au moment où tu es arrivée ! Je vais t’enseigner tout ce que j’ai assimilé durant ces années….. Une fois fait….. Nous irons combattre le Dévoreur.»
 
La métisse hocha lentement de la tête, elle n’avait pas le choix, elle était coincée ici.
 
Sa sœur se releva d’un petit bond souple et joyeux.
 
« Allez soeurette, du travail nous attend ! »
 
Elle commença à s’éloigner, partant à l’opposé du Démon qui n’avait pas bougé, indolent, puis elle se retourna, souriante.
 
« Au fait ! je me nomme Assima…. » son sourire se fit fier « Celle qui sait… »  
 
--------  
 
La procession atteignit enfin l'autel, et les hommes déposèrent avec une infinie douceur le corps sans vie de Cyrcée. Pour eux, elle ne devait que finaliser son apprentissage auprès du Grand Prêtre, qui lui, n'attendait qu'une chose : Que le corps de la femme soit envahi par la noirceur de la créature sans âge, suppôt de leur Dieu Yog, effroyable démon qu’il pourrait contrôler alors que l’âme de la jeune femme hurlerait de douleur pour l’éternité.
 
Au moment où le corps fut étendu sur l’autel en pierre grise et froide, tous les Darfaris s’arrêtèrent de danser et de crier, un silence pesant s’installant, tous attendant que la femme revienne du monde des morts.
 
Aucun ne sachant qu’eux aussi allaient servir de repas à l’entité lorsqu’elle apparaitrait. Ultime sacrifice du Grand Prêtre pour son avènement.  
 
--------  
 
Trente ans….. Trente ans s’écoulèrent dans le monde des morts, alors que là-haut, le corps de Cyrcée venait juste d’être posé sur la pierre froide.
 
Les dix premières années, la Métisse devint folle, coincée dans cette grotte aux murs dégoulinants, le bruit incessant des gouttes tombant lentement, pas de faim, pas de soif, et pas de sommeil non plus.  
 
Elle passait de l’automutilation, hurlant sa folie en se griffant le corps jusqu’au sang, s’arrachant les cheveux, à la prostration la plus totale, restant en position fœtale, les yeux vides, la bouche ouverte, mouillée par sa propre bave.
 
Durant tout ce temps, Assima lui parlait, doucement, tendrement, avec obstination, attendant patiemment lorsque sa sœur s’égosillait à se casser les cordes vocales, la nettoyant avec de l’eau saumâtre quand elle ne bougeait plus.
 
Puis, un jour, les yeux jusque-là vides de la métisse, roulèrent lentement sur le côté, se fixant sur sa jumelle, la fixant intensément.
 
« Apprends moi… » Croassa-t-elle.
 
--------  
 
Cela faisait quelques minutes que le Grand Prêtre psalmodiait des phrases qu’aucun ne comprenait. Personne ne sut que Shomari ne faisait que crier des borborygmes sans queue, ni tête.
 
Il ne faisait que gagner du temps. La créature allait bientôt émerger dans le corps sans vie devant lui, il lui fallait juste remonter des profondeurs noires.  
 
Il fait un sourire cruel caché par son masque, en regardant l’assemblée de pauvres hères devant lui qui le fixaient d’un air respectueux et calme.
 
« Pauvre brebis que vous êtes » Pensa-t-il sournoisement.
 
--------  
 
Vingt ans…. Après être sortie doucement de sa folie, Cyrcée fût une élève attentive, écoutant, et apprenant lentement le langage des Anciens, celui qui lui permettrait de se servir correctement des runes dessinées sur son corps.
 
Celle-là même peintes pour servir la puissance d’un démon, allait être utilisées par les deux femmes pour le combattre.
 
Assima mis donc deux décennies dans le monde des morts pour enseigner à sa sœur, ce qu’elle-même avait appris depuis sa naissance : La Magie des Anciens, une magie noire comme la nuit, impie, qui nécessitait de connaitre un langage oublié, permettant de se servir correctement des runes décorant son corps, dompter la brume noire qui s’échappait des marques faites sur ses mains, s’en servir pour tracer des signes dans l’air, puis, dire les mots qu’il fallait pour qu’elle se solidifie, devant des armes d’onyx noirs coupantes comme des rasoirs, supporter la douleur des entailles profondes qu’elle se faisait dans les paumes, certains sorts utilisant son propre sang.  
 
Quelques minutes à peine dans le monde des vivants, trente ans dans celui des morts, tellement de temps, que Cyrcée avait du mal à se rappeler les visages de ceux qu’elle avait connu…. Avant.
 
Elles étaient maintenant l’une à côté de l’autre, de retour à l’endroit même où l’esprit de la métisse était tombé. Face à ce démon ancien, dévoreur d’âmes….
 
« Tu es prête ? » chuchota Assima
 
« Absolument pas » lui répondit Cyrcée, retenant de peu un rire nerveux. « Et si on n’y arrive pas ? » Continua-t-elle
 
« Je te l’ai déjà dit des centaines de fois….Nous serons dévorées pour l’éternité, et lui remontera »
 
« Et… et toi ? quand tu seras là-haut ? »  
 
Assima soupira doucement, coulant un regard tendre de ses yeux totalement noirs.
 
« Je mourrais pour de bon, je partirais dans les limbes, je serai délivrée, et toi, tu hériteras de la magie que j’ai accumulé durant toutes ces années. »
 
Elle caressa la joue de sa sœur.
 
«N’essaies pas de retarder l’inévitable ma douce….. »  
 
Un dernier regard, un sourire tendre de deux sœurs complices à jamais.
 
Puis, elles s’élancèrent en même temps.
 
--------  
 
Shomari serra la mâchoire, cela faisait maintenant un peu trop longtemps que le corps ne bougeait plus. Si le démon n’arrivait pas, la rigidité cadavérique s’installerait et l'enveloppe charnelle serait inutilisable.  
 
De plus, il se ferait sûrement démembré vivant par les Darfaris en rage.
 
Au moment où il allait entamer une seconde série de paroles ineptes, le corps en face de lui se cambra brutalement, inspirant fortement une grande goulée d’air, avant de se tourner lentement vers Shomari, le fixant de ses yeux totalement noirs.
 
Les Darfaris se mirent à hurler de joie, reprenant leurs sauts frénétiques.
 
« Bienvenue dans ce monde, Dévoreur… Contemple ceux qui te sont offerts."  chuchota le Grand prêtre, les yeux brillant d’excitation. "Viens à mes côtés, et sers-moi ".
 
La chose obéit docilement, baissant la tête, prenant place à côté de Shomari.
 
Ce dernier reparti dans une litanie abracadabrantesque, attendant que le démon reprenne ses esprits et se repaissent des Darfaris devant eux.
 
Il ne vit pas la chose légèrement ouvrir sa main, murmurant quelques mots, il ne fit pas attention à la brume noire qui coulait le long de ses doigts fins, s’épaississant rapidement pour devenir un long poignard d’onyx…..  
 
L’attaque fut brutale et d’une extrême violence, faisant s’arrêter net tous les danseurs, les laissant pantois.
 
Alors que Shomari avait un peu levé la tête, celle qui connaissait sous le nom de Cyrcée avait férocement planté une lame sous le menton du Grand Prêtre, la dague transperçant la bouche, le palais, pour arriver jusqu’à cerveau.
 
Il ne mourut pas sur le coup, au contraire, il eut le temps de voir les yeux noirs redevenir vert clair, d’une limpidité et lucidité sauvage, alors que Cyrcée lui faisait un sourire de carnassier, dévoilant ses canines taillées en pointe.
 
« Toi qui voulais tant voir le Dévoreur, tu vas avoir l’éternité pour lui hurler ta dévotion »  
 
Elle retira violement la lame, tout en poussant l’homme vers l’avant le laissant s’affaler sur l’autel, elle seule vit son âme tomber dans les abîmes d’où elle-même venait de s’enfuir.
 
Un silence de mort flottait dans l’air, les Darfaris restant sidérés par ce qu’il venait de se passer.
 
Elle se toucha rapidement le ventre, là où une toute petite chose se lovait depuis sa naissance, puis elle prit une grande inspiration, vociférant des mots en Darfaris, écartant les bras. Une brume sombre apparue, l’enveloppant, coulant de son ventre et ses flancs comme des tentacules impies, la magie de leur Dieu Yog dans toute son effroyable splendeur.  
 
Les Darfaris se remirent à hurler de plus belle.
 
Une Sorcière Yoggite venait de naître….

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