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 [carnet] Notes et écrits de Ume

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Ume

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Messages : 43
Date d'inscription : 19/07/2017

MessageSujet: [carnet] Notes et écrits de Ume   Ven 4 Aoû - 0:20

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Petit grimoire en cuir, très simple, Ume ne s'en sépare que très rarement, c'est un cadeau de Nariyasu, la page de garde comprend une annotation sur laquelle est écrite "à ma toute petite élève". Il contient tout ce qui passe par la tête de la jeune femme, récit d'aventures, mais aussi souvenir du passé ou simple endroit de réflexion.


Entrée du 4e Soleil de la 4e lune Ombrale.


D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé la mer. Je suis né prêt de la mer de rubis, les embruns marins, la faune et la flore marine sont chez moi. J’ai dû aller dans l’eau avant même de savoir marcher, cette sensation de légèreté, ce contact frais et ce silence quand on brise sa surface.

Le souvenir le plus ancien dont je me rappelle date de ma plus tendre enfance, je devais avoir aux alentours de quatre ans, la mer était calme ce jour-là, rien à l’horizon. Je jouais dans les vagues avec mon frère et ma sœur, un jeu d’une simplicité déconcertante, rester debout face au vague le plus longtemps possible, petite, chétive et la plus jeune, je finissais le plus souvent à terre dès la première. Nous jouions depuis plusieurs minutes déjà, cette fois je tiendrais bon, je ne laisserais pas la vague m’emmener, les jambes bien au sol je la laissais venir, l’observant et l’appelant, comme un défi. Elle finit par déferler, mon frère et ma sœur finie par terre en premier, Je luttais encore, laissant mes pieds bien ancrés, mais l’élément eut raison de moi rapidement, je finis par chuter, les fesses dans l’eau. La vague passa rapidement au-dessus de moi, elle me coupa le souffle de longues secondes avant que l’air ne revient dans mes poumons.
Alors que je toussais pour évacuer l’eau des soldats armés, chevauchant des mantas firent leur apparition. Il approchait, menaçant avec leur lance, mon frère et ma sœur, vite remis se relevèrent pour s’incliner dans une profonde révérence. L’un d’eux se dirigea vers moi, toujours assise au sol, incapable de bouger, il se posta non loin, me toisant, attendant que je me relève, ce que je fis après de longues secondes. Lissant comme je le pouvais ma tunique, je m’inclinais, reprenant par là même un léger retour de houle. Le garde attendit encore quelques secondes puis hocha la tête et s’éloigna. Sans mot dire il revint se positionner au côté des autres, formant comme une haie d’honneur. L’eau se troubla de nouveau, mon regard posé sur sa surface se figea un instant, je n’entendais plus mon frère, ni ma sœur mais je savais qu’ils étaient là, aussi inquiet que moi, nous attendions, en silence. La surface se brisa enfin, une manta, plus imposante que les autres fendirent les eaux, l’homme sur son dos était à la hauteur de l’animal.
Je restais interdite de longues secondes, observant ce spectacle que jamais je ne revivait de toute mon enfance. L’homme sur la manta était un Ao 'ra, un rien, de haute stature. De longs cheveux d’un blanc immaculé lui tombaient jusqu’au-dessous des épaules et un regard perçant d’un bleu azuré venait assombrir un visage au trais doux et aimable. Plongé dans une profonde révérence, mes pieds refusaient de bouger, toujours absorbé par ce spectacle, il ne dit rien, s’approchant de nous. Nous aurions pu fuir, mais pour aller où et pourquoi ? Nous n’étions soumis à aucun clan, mais fâcher un prince ou peut-être même un kami par caprice d’enfant risquait d’attirer plus de problèmes qu’autre chose, et puis il venait de la mer, les mantas n’obéissent à personne d’autre que ceux vivent dans le village sous-marin disait-on.


Il étudia tout d’abord mon frère, de quartes ans mon aîné, avait tout pris de papa, de long cheveux d’un noir de jaie, ses yeux couleur d’un ciel d’été une carrure et une force qui l’amènerait à suivre les traces de notre père. L’homme le regarda, l’étudia, comme pour juger de sa valeur, il posa un doigt léger sur son front et secoua doucement la tête. Mon frère s’était redressé, l’observant et le laissant faire, son regard presque hautain était posé sur l’Ao ‘ra l’étudiant à son tour. Le voyant faire, l’homme des mers eut un rire léger, comme une brise matinale, il prit finalement la parole, son ton était doux et bienveillant, je sentis le tressautement de mon frère quand il l’entendit.

-Tu es fier et courageux, ce sont de grandes qualités, mais n’oublie pas d’être humble, ou bien tu finiras par te perdre toi-même et tu ne pourras plus sauver personne.

Il se dirigea ensuite vers ma sœur, grande, et fine, des cheveux d’un noir de jais semblable à ceux de notre père, ses yeux étaient ceux de notre mère, d’un vert émeraude, Elle ne me dépasse que de deux ans, mais on pourrait croire plus aux vues de nos différences. En parfaite apprentie Miko, elle gardait la tête baissée, les mains sur ses genoux, en une profonde révérence. Il l’observa de la même manière que mon frère. Souriant doucement il posa un doigt sous son menton pour relever sa tête, elle se laissa faire, son masque de soumission presque parfait si ce n’est cette peur qui se lisait dans ses yeux. Il secoua de nouveau la tête avant de la relâcher doucement.

-Parfaite, sans doute un peu trop. N’oublie pas de vivre pour toi, le respect et l’honneur son certes important, mais ne te lance pas à corps perdue dans une quête que tu ne comprends pas.

Lui jetant un coup d’œil, je la vis froncer les sourcils, l’homme avait attisé sa curiosité, mais elle n’ajouta rien. Il se tourna finalement vers moi, sont ton presque amusés. Je tournais rapidement la tête, reprenant Ma Révérence, semblable à celle de ma sœur, si ce n’est bien moins gracieux.

-qu’avons-nous là ?

S’approchant il releva mon menton comme il l’avait fait avec ma sœur mais contrairement à ma sœur, ce n’est pas de la peur qu’il lut dans mon regard, mais une détermination forte. Petite et fine, bien trop, les gens m’appelaient le moineau, me disant qu’un jour un aigle de Yanxia viendrait me dévorer. Je n’avais ni la beauté de ma sœur, ni la force de mon frère. De longs cheveux couleur feu, bien loin de la couleur blanche des hautes familles ou bien le noir de jais des personnes habituellement nées ici. Seule prédominaient mes yeux couleurs émeraude, semblable à ceux de ma mère. Il m’observa encore, de longues minutes, son regard impassible, et son visage s’illumina finalement d’un doux sourire.

-Intéressant, très intéressant.

Je hoquetais légèrement, mais ne détachai pas mon regard de cet homme. Intéressant ? ma sœur l’était sans doute plus. Je n’étais qu’une enfant de quatre ans, un peu gauche, destinée à suivre les traces de ma mère afin d’aider au sanctuaire. Il ne me relâcha pas, plongeant son regard dans les miens, sa main toujours sous mon menton. De longues secondes passèrent sans rien dire, les hommes toujours au garde-à-vous derrière lui n’avaient pas bronché, il en était d’ailler de même pour mon frère et ma sœur. Après un temps, il approcha son visage du mien, j’avais envie de fuir, de lui hurler de me lâcher, mais que pouvait une fillette face à un tel homme. Ses lèvres se déposèrent, une seconde sur mon front, je relevais les yeux pour l’observer faire, tétanisée, la détermination ayant laissé place à la stupéfaction. Il me relâcha finalement retournant à sa monture, un rire léger franchi ses lèvres quand il voyait mon air renfrogné et mes joues rosies. Ma tête se baissa et me mains se reposèrent sur mes genoux, remontant sur sa manta, il prit une dernière fois la parole.

-À bientôt petit moineau bénit des flots.

Puis il s’en alla, aussi sobrement que venue. Quand ils eurent disparu, ma main se posa sur mon front, touchant du bout des doigts l’endroit du baiser, mon frère et ma sœur accoururent pour venir me voir, aussi perdue que moi. Rien, il ne restait aucune trace de l’homme ou de sa garde, juste un souvenir furtif dans nos mémoires. Nous décidions d’un commun accord de ne rien dire, les gens nous prendrions pour fou ou prendrais cela comme une vision de maman et seraient affolées.

Suite à cela la vie reprit son cours, il m’arrivait de repasser le soir, assise seule dans le sable à contempler la mer et le reflet des étoiles dessus, à attendre que cet homme revienne et m’explique. Je me réveillais toujours le matin, allongée dans mon lit, persuadé de l’avoir revue. Bien que cela ne semblât avoir été qu’un songe, ma vie en fut changée à tout jamais.


Dernière édition par Ume le Mer 9 Aoû - 1:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [carnet] Notes et écrits de Ume   Mer 9 Aoû - 1:19

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Entrée du : 8e Soleil de la 4e lune Ombrale.

La pluie tombait encore sur la Brumé, mais je crois que cette fois, comme toutes les autres fois, peu m’importais. Altan a donc rejoint le Bureau et la conversation houleuse entre Nariyasu et Cyrcée me laisse quelque peu perplexe. Asagami-san semble loin de faire l’unanimité, mais pourquoi ne pas se fier à l’avis de celui qui semble le mieux la connaitre. Je ne sais pas qui elle est vraiment et bien que la questionner pourrait m’en apprendre plus sur elle, mais ce n’est pas ainsi que je conçoit de la connaître. Il nous faudra parler, échanger et s’apprivoiser, petit à petit. Le temps n’est pas un obstacle quand on veut connaitre quelqu’un.
J’ai parlé avec Nariyasu ce soir, mes questions semblent l’embêter, alors je reprends, je reformule,  il ne veut me répondre, c’est son choix, c’est ainsi parfois. Mes choix ne sont peut-être pas toujours les plus judicieux, je me trompe parfois et je m’égare, mais il me laisse les faires, apprendre de mes erreurs avec une grande patience. Bien que je ne partage pas toujours son avis, j’ai confiance en lui, en ses choix et ses décisions.
J’irais trouver Asagami-san, j'ai envie de l’aider et elle semble l’accepter, bien que j'ignore encore pourquoi. Je lui dois bien cela aux vues de ce qu’elle fait pour lui. Cela peut paraître insignifiant, mais depuis qu’elle est là, il semble apaisé, calme et il dit se sentir bien. Même si ce changement peut paraitre un peu soudain, je comprends mieux ses mots, quand il me disait ne plus jamais revenir comme avant. Il avance, il grandit et change lui aussi, comme nous le faisons tous, peu importe notre âge. un jour une personne vous prend la main, vous relève ou vous élève et l’on change ; rarement pour un mal, bien que cela arrive. Qu’importe où elle le mène, je n’essaierais pas de les en détourner, si c’est ainsi qu’ils sont heureux…

Ne pas parler des sentiments, laisser les gestes agirent, les silences en disent parfois bien plus que de long discours. Les gens sachant se taire m’impressionne, j’aimerai parfois leur ressembler, juste prendre le temps de se poser et d’écouter, de contempler et simplement de profiter.
Je grandis, je le sens. Bien plus que de leçon d’Arcanisme ou bien de médecine, Nariyasu me donne tous les jours une véritable leçon de Vie.
Je débarque de nulle part, d’une petite ville perdue près de la mer de rubis, je ne suis pas arrivé au moment le plus propice de sa vie, mais malgré cela il m’a pris sous son aile et m’a appris à vivre. Non pas à l’Eorzéenne, ou à la domienne, mais simplement, comme toute personne normale. Asagami-san trouve que je donne mes remerciements trop facilement, mais je pense que certaines personnes les méritent mieux que d’autres. J’espère continuer à apprendre à vivre, ou tout simplement vivre, à ses côtés, à leurs côtés.

Parlant de leçon de vie, je crois qu’Amonra m’en a donné une bonne hier soir. Qu’Altan veuille l’affronter, cela semble normal, mais je me suis proposé d’être son adversaire. Les entrainements sont éprouvants et renforcent mon corps, mais un bout de bois ne rend aucunement les coups. Loki pourra me faire la meilleure arme qui soit, je n’arriverais pas à la cheville du moindre brigand sans avoir gouté le gout de mon propre sang et la douleur d’un véritable coup. Certains pourraient me croire folle, j’ai en permanence la protection d’un des membres du bureau, mais je ne peux compter toujours dessus. Un jour je serais peut-être seule, isolée, il me faudra savoir prendre des coups et les rendre, sans attendre l’attaque.
Il ne m’a pas épargnée, honorant son adversaire et sauvant mon propre honneur par la même occasion. J’ai donc subit, sans même réussir à le toucher, j’ai du paraitre bien frêle, le moineau domien écrasé par l’aigle d’Hingashi. En y repensant, ils avaient peut-être raison, je ne suis qu'un moineau.. Mais l’aigle en question passe moins de temps à m’écraser qu’à me relever, me portant avec lui, même si le plus souvent nous volons côte à côte. Il ralentit l'allure, me laissant me perdre, observant et m’attendant, avant que les rôles ne s’inversent, pour reprendre notre route ensemble.
J’aime à suivre ce chemin avec lui et j’espère que notre destination sera commune. Même si ce n’est pas le cas, j’aurais au moins été heureuse de voler à ses cotés.

Tout ceci peut paraître futile, la guerre règne encore en orient et près d’Ala Migho et je suis ici, bien au chaud à m’inquiète simplement de mon petit bonheur et de celui de ceux qui me sont chers.
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