Bureau d'Enquêtes et d'Investigations spécialisé dans le surnaturel
 
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 Souvenirs fantômes

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Kalten



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MessageSujet: Souvenirs fantômes   Jeu 2 Mar - 12:25

Chapitre 1


L’air était chaud et poussiéreux. C’était souvent le cas à Ul’Dah. Ce qui n’empêchait pas une foule permanente d’arpenter les rues de la capitale Thanalanaise. Bien à l’abri de cette fourmilière, une réception se tenait dans la maison de l’une des plus grandes familles commerçantes de la ville. Le Comte Ostrand y célébrait en grande pompe la signature d’un juteux contrat de transport d’épices avec les autorités compétentes d’Ishgard. Depuis que la Sainte Cité avait ouvert ses frontières, tout le monde voulait y trouver sa place, les affaires ne faisant que commencer. Le Comte Ostrand était d’autant plus heureux qu’il avait gagné contre son plus féroce concurrent, le Baron Vilsgard. Le Comte, ancien militaire, et reconverti dans le commerce, aimait à penser que l’obtention d’un contrat ressemblait à une bataille, avec ses tactiques, ses stratégies, mais aussi ses coups tordus et ses bluffs. L’obtention de cette affaire était d’autant plus heureuse que, jusqu’à récemment, le Baron était en passe de la remporter. Le Comte s’apprêtait à réagir quand il avait reçu un courrier l’avertissant que le Baron se retirait de la course. Etonné par cette décision, le Comte s’était renseigné et avait appris que la mort avait durement frappé la Maison Vilsgard. Pour autant, le Comte voulait fêter cette victoire car cela lui ouvrait de grandes perspectives sur le marché Ishgardais. Et il voulait montrer que la Maison Ostrand avait les reins solides. L’image d’une Maison était aussi importante que les affaires elles-mêmes.

La fête battait donc son plein. Petits fours, plateaux de fruits et légumes, viandes rôties et poissons braisés s’offraient aux invités, nobles et bourgeois, Ul’Diens, Limséens ou Gridaniens, et mêmes quelques Isgardais. Ceux-ci semblaient être l’attraction principale car très peu d’entre eux acceptaient encore de s’aventurer loin de la Sainte Cité. Différentes boissons circulaient dans les allées de la cour principale : des vins fins et raffinés, des jus de fruits frais, des eaux de vies liquoreuses. Les discussions et les rires allaient bon train, tout comme la multitude de serveurs s’affairant à répondre aux désirs et caprices des invités. Une douce musique, jouée par un orchestre, voletait dans les airs, portée par une légère brise. Parmi les invités, un Hyurgoth aux cheveux mi-longs profitait lui aussi de la fête, entourée de quelques femmes. Il devisait et souriait, s’intégrant parfaitement à l’assemblée, un verre de jus de fruits en main. Tout à coup, un Hyurois d’environ vingt cinq ans l’aborda.
─ Antonio, je suis content que tu aies pu venir.
Le Hyurgoth se poussa légèrement pour laisser place au jeune Duc. Darmien était le dernier des quatre enfants du Comte.
─ Antonio est votre ami, Duc ? Comment vous êtes-vous rencontrés ? Je ne vous vois pas parcourir à votre âge les chemins comme un aventurier pourtant.
Le jeune Duc rit doucement à la remarque de la jeune mais néanmoins Duchesse Veala Yrmenaud, Elézéenne.
─ Comment donc ? Antonio ne vous a rien dit ? Il ne vous a pas narré cette aventure ?
─ Darmien, ce n’est pas la peine, voyons, répondit Antonio.
─ Au contraire Darmien, raconte à ces jeunes femmes comment cet…aventurier t’a sauvé. Je suis sûre que cela leur plaira.
─ Duchesse Elana, c’est toujours un plaisir et un régal de vous voir et de vous entendre, répondit Antonio en se fendant d’une révérence devant la jeune Hyuroise, seconde enfant du Comte.
Celle-ci ne répondit pas, regardant, ou plutôt, fusillant Antonio de ses yeux bleu clairs. Elle ne l’aimait pas et le lui montrait bien. Quant à lui, il faisait comme si de rien n’était et agissait avec déférence et galanterie.
─ Elana, ma chère sœur, il faudra que tu me dises un jour pourquoi tu n’apprécies pas Antonio.
─ Un jour, peut être, répondit-elle avant de saluer chaleureusement son frère et de quitter le petit groupe.
─ Alors Darmien, Antonio vous a vraiment sauvé la vie ? Racontez-nous. Etait-ce des bêtes sauvages, des brigands sanguinaires ?
─ Mesdames, je vais vous laisser à cette histoire. Je suis attendu. Darmien, contentez-vous de la vérité pour une fois, s’il vous plait ? Je n’ai pas éventré un duo de Crocilisques ou vous aie sorti de la gueule d’un dragon affamé.
─ Mais c’est tout comme ! s’emporta le jeune Duc, déjà prêt à tout raconter. Alors mesdames, sachez tout d’abord qu’Antonio est un Paladin qui était…..
─ Ooooohhh……un Paladin ? Vraiment ? Défendant les jeunes dames et montant un fier destrier par exemple ? se pâma une Miqo’te, de rang noble elle aussi.
Antonio réussit à s’enfuir, connaissant déjà la suite de l’histoire pour l’avoir entendu de nombreuses fois. Il aimait bien Darmien. Le jeune Duc manquait encore de maturité mais il apprenait vite.
Il prit congé du Comte, le remerciant encore de son invitation. Celui-ci fut peiné de voir le sauveur de son fils partir mais comprenait qu’Antonio ait d’autres obligations. Il quitta donc la Maison Ostrand, prenant la direction des quartiers populaires. Les personnes qu’il allait voir étaient bien différentes de celles qu’il venait de côtoyer. Il avait rendez-vous avec des voleurs. Car Antonio était en mission. L’attaque du jeune Duc ? Une mise en scène pour avoir les bonnes grâces du Comte et infiltrer sa Maison. Car les morts survenues au sein de la Maison Vilsgard semblaient ne pas être naturelles et le Bureau avait été commandité pour enquêter. Antonio, connaissant assez bien ce milieu et ses codes, s’était porté volontaire pour prendre en main cette affaire. Son enfance parmi les gangs de rues Ul’Dhien lui avait également permis de garder des contacts parmi ceux-ci. Et il avait pu monter cette histoire de sauvetage. Il devait cependant se méfier de la Duchesse Elana qui, dès le début, avait marqué son animosité envers lui. Etre parmi eux lui permettait d’en apprendre beaucoup sur le fonctionnement de la Maison et de connaitre chacun des Ostrand. Mais pour trouver d’éventuels indices plus rapidement, il avait donc fait appel à ces vieilles connaissances avec qui il gardait contact. Il devait maintenant voir avec eux si ils avaient trouvé quelque chose d’intéressant.

Soudain, Antonio chancela, prit de vertige. Il avisa le mur sur sa droite et le percuta plus qu’il ne s’y adossa. Un voile noir recouvrit ses yeux tandis que tout tournait autour de lui. Puis son corps se mit à transpirer abondamment, réaction à ce qu’il subissait. Il ne put qu’entendre sans réagir une personne lui demander si tout allait bien. Antonio s’assit à même le sol, son dos raclant le mur. Il respirait bruyamment et rapidement, ne comprenant pas ce qui lui arrivait.
─ Un guérisseur ! Y a-t-il un guérisseur ?
Un aventurier arriva près du marchand, accroupi auprès d’Antonio. Le marchand regarda le Hyurois.
─ Vous êtes mage ?
L’aventurier hocha la tête et se pencha à son tour vers Antonio. Celui-ci respirait toujours rapidement, la tête posée contre le mur, les yeux fermés. Le vertige passait et il commençait à comprendre ce qu’il entendait.
─ Je vais vous faire un Soin. Restez calme, tout va bien se passer.
Le mage blanc se concentra et une lumière commença à irradier autour d’Antonio. Puis un halo l’entoura, d’une couleur bleu clair. Antonio sentit le Soin agir rapidement et il put calmer sa respiration. La suée était passée, elle aussi. Cependant, il sentait comme un malaise, comme un regard pesé sur lui. Ouvrant les yeux, il regarda de gauche et de droite mais ne vit rien. Puis son regard s’arrêta sur une silhouette, entre deux badauds le regardant. Le temps de cligner les yeux d’étonnement et la silhouette avait disparu. Tentant de se relever pour trouver qui l’observait, il sentit des mains le retenir au sol.
─ Non, attendez encore un peu. Laissez votre corps récupérer. Je vais rester avec vous le temps de vérifier si vous allez mieux.
Le mage blanc était toujours accroupi à ses côtés, surveillant si d’autres symptômes apparaissaient. Il lui tendit une gourde.
─ Tenez. Buvez un peu d’eau. Mais lentement. Ca vous fera du bien.
Toujours un peu las, Antonio obéit. L’eau coula dans sa gorge, et il se sentit beaucoup mieux. Il rendit la gourde au mage. Inutile de chercher de nouveau cette silhouette. Et de toute façon, elle ne pouvait pas être vivante. C’était impossible. Pas celle-ci. Son esprit avait du l’imaginer durant sa crise.
─ Merci de votre aide. Je me sens mieux déjà.
─ Ca vous est arrivé auparavant ? demanda le mage tout en l’observant.
─ Jamais. C’est la première fois.
Le mage pencha un peu la tête, réfléchissant.
¬─ la chaleur peut être. Ou bien vous avez assimilé une trop forte quantité d’éther récemment. Mais vous semblez solide. Vous devriez vous en remettre rapidement. Je ne peux que vous conseiller de faire attention. Si ça devait vous prendre durant un combat, ce serait….dangereux.

Antonio commença à se relever, aidé par le mage. Déjà, la foule se dispersait et le marchand expliquait aux gardes de la ville ce qu’il s’était passé. Ceux-ci hochèrent la tête, vérifièrent que tout allait bien pour Antonio et repartirent.
Il roula la tête, fit quelques moulinets avec les bras et quelques génuflexions pour se rendre compte que tout allait bien. Le mage lui sourit et repartit à ses affaires, le Hyurgoth semblant avoir retrouvé la santé.
Antonio, plus par réflexe que par envie, regarda encore une fois tout autour de lui mais ne trouva aucune trace de cette apparition. Il haussa les épaules et repartit de son côté. Certaines fois, votre esprit vous faisait voir, à tort, certaines choses pendant un malaise.
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Kalten



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MessageSujet: Re: Souvenirs fantômes   Mar 11 Avr - 16:32

Chapitre 2


Celarion Vilsgard marchait nonchalamment dans le couloir menant à son bureau. Premier enfant et trésorier de la famille du même nom, Il avait également en charge une partie des affaires à négocier. Récemment, Les Vilsgard avait perdu un contrat face aux Ostrand malgré leur bon positionnement. Une série de deuils avait persuadé le Baron Vilsgard de renoncer à cette affaire. Maintenant, la famille devait se tourner vers d’autres possibilités mais les affaires se faisaient étonnamment rares.

Celarion ouvrit la porte de son bureau, vaste espace agrémenté d’un bureau en bois précieux avec coffre et armoire le long du mur. L’épais tapis de la pièce supportait également un salon de travail avec un mini bar. De nombreux tableaux retraçant une partie de l’histoire de la famille honoraient les murs. De lourds rideaux aux teintes chaudes et veloutées étaient tirés sur les fenêtres. Celarion commença donc par tirer les rideaux, inondant le bureau d’une lumière vive. Se sentant observé, l’Elezen se retourna et sursauta, lâchant un cri apeuré en voyant un grand Hyurgoth assis dans le canapé du salon, le regardant en souriant.
─ Mais…qui êtes vous ? Que faites-vous là ? Qu’est ce…
─ Je vais répondre à vos questions, Celarion. Et même bien plus. Avant tout, inutile d’appeler des secours, il n’y aura personne. Essayer si vous le souhaitez. Je ne vous veux aucun mal mais je ne vous laisserai pas sortir de cette pièce tant que nous n’aurons pas parlé de certains points.
Celarion observa le Hyurgoth. Grand, semblant bien charpenté sous sa tenue raffinée, des cheveux mi-longs encadraient un visage souriant doté d’une cicatrice. Il avait en face de lui un aventurier. C’était flagrant. Pourtant, certaines choses ne correspondaient pas aux aventuriers que Celarion connaissait.
─ Je vous crois, monsieur ?
─ Antonio. Ce sera suffisant. Je suis ici à la demande du Baron Vilsgard, votre père, pour éclaircir les morts récentes survenues au sein de votre maison.
─ Vraiment ? Je suis étonné que Père ne m’en ait jamais parlé. Et en quoi cela me concerne t’il ?
─ Je vais y arriver.
Antonio laissa Celarion rejoindre son bureau. Une fois celui-ci assis, il reprit.
─ Le Baron Vilsgard pense que ces morts correspondent à des meurtres perpétrés dans le but de lui faire perdre le contrat que vous deviez gagner. Pour préserver sa famille et ses serviteurs, le Baron s’est retiré de la table des négociations mais veut connaitre les véritables circonstances de cette affaire. J’ai donc enquêté et j’ai fini par découvrir le commanditaire. En fait, je devrais dire plus précisément la commanditaire. Mais il semblerait que cela soit un peu plus compliqué que prévu.
Antonio garda un moment le silence, observant toujours Celarion en souriant. Celui-ci le regardait en retour.
─ Continuez, je vous écoute. Je ne vois toujours pas en quoi je eux être concerné.
─ La commanditaire n’est autre que l’une des enfants du Comte Ostrand. L’une des Duchesses.
Comme tout Elezen montrant son étonnement, Celarion ne fit que hausser un sourcil.
─ Ah, le flegme Elezen. C’est quelque chose d’inné et de toujours déconcertant. Mais revenons à notre affaire. Pourquoi et surtout comment la Duchesse en a-t-elle pu arriver là ? Tout d’abord, sachez que la Duchesse, très au courant des affaires de son père, voulait aider celui-ci à remporter cet important contrat. Pour mieux y arriver, elle a voulu introduire un homme de confiance au sein de votre maison.
Cette fois, Celarion se pencha en avant.
─ Seriez-vous en train de me dire qu’un espion se cache parmi notre famille ?
─ En effet. Le but était de connaitre les faits et gestes de votre père afin de mieux le contrer. D’autant plus que la maison Vilsgard était en très bonne position.
─ Bien que sournoise et interdite, la manœuvre est plutôt habile. Mais je note que vous ne parlez que de Père. Je suis chargé aussi de mener les négociations à ses côtés, au cas où vous ne le sauriez pas.
Antonio leva une main en signe d’apaisement.
─ Je n’oublie pas votre rôle très important, Celarion. Bien au contraire. Mais permettez-moi de continuer. Le plan a bien fonctionné au début, l’espion faisant quelques rapports à la Duchesse. Jusqu’à ce que tout dérape et que la Duchesse perde le contrôle de sa créature.
Antonio reprit une position plus confortable, son éternel petit sourire aux lèvres.
─ L’espion a failli se faire démasquer. Moment d’inattention ? Négligence ? Fatigue ? Quoi qu’il en soit, un domestique avait découvert la vérité et était allé prévenir de suite son maitre, le Duc Pelarion Vilsgard. Mais ce que ces deux personnes ne savaient pas, c’est que l’espion s’était aperçu que son identité avait été découverte. Alors, sans prévenir sa commanditaire, il a agit de son propre chef en éliminant le problème. En tuant Pelarion et le domestique. La suite, nous la connaissons tous. Le Baron Vilsgard avait compris que tout cela était lié aux négociations et il a voulu protéger sa maison, laissant les coudées franches à la famille Ostrand. Bien sûr, la Duchesse Ostrand n’aurait jamais accepté ces morts. Elle n’est pas une meurtrière. Mais elle sait que c’est son espion qui les a perpétrés afin de préserver son identité. Car voyez-vous, Celarion, notre espion a pris gout à sa mission. En fait, je pense même qu’il fera tout pour rester là où il est car il a maintenant tout pour lui : intégrer dans l’une des plus fortes Maisons Monétaristes Ul’Dhiennes, il a l’argent, le pouvoir et peut même faire chanter la Duchesse, son ancienne commanditaire.
Celarion écoutait attentivement, captivé par les explications du Hyurgoth.
─- Eblouissant. Votre enquête est tout simplement éblouissante. Mais pourquoi ferait-il chanter la Duchesse ?
─ Voyons Celarion, ne faites pas celui qui ne sait pas pourquoi. Si la Duchesse devait annoncer la vérité, quel crédit aurait-elle vu la position et l’identité de son ancien espion ? Car il garde un autre secret, bien plus important que la mort de Pelarion et de son domestique. Un troisième meurtre. Le premier de tous en fait. Inconnu même de la Duchesse qui ne l’a appris que trop tard. Le meurtre du vrai Celarion, premier Duc de la famille Vilsgard.

Celarion regarda Antonio, incrédule. Puis il partit dans un grand éclat de rire tandis qu’Antonio restait toujours à le regarder, tranquillement assis, son petit sourire aux lèvres. Après de nombreuses secondes, Celarion reprit sa respiration.
─ Vous feriez un écrivain formidable, je le conçois. Quelle imagination pour un aventurier. Toutefois, je ne sais pas si je dois me sentir insulté ou amusé.
─ A votre place, je réagirais de la même façon. Un inconnu est installé dans mon bureau et m’accuse d’un triple meurtre et d’espionnage.
─ Vous comprendrez donc que j’appelle les gardes pour vous arrêter ?
Et Celarion tira sur un cordon placé à côté de son bureau. Le cordon lui resta entre les mains. Celarion regarda Antonio, légèrement irrité.
─ J’ai pris quelques précautions pour parer à certaines éventualités. Maintenant que je vous accuse, il me faudrait des preuves. D’autant plus que je vous accuse de ne pas être Celarion mais un imposteur, doté du même visage et de sa façon de faire.
─ Alors expliquez moi ce prodige, répondit Celarion d’une voix sèche.
─ J’ai en ma possession plusieurs documents. Certains de vos échanges avec la Duchesse avant le double meurtre puis un document expliquant que vous preniez votre indépendance et que vous pourriez la faire chanter si elle parlait trop. Mais l’un des documents est plus important que les autres. Savez-vous pourquoi ? Parce que l’on y trouve des tâches venant d’une potion. Après analyses, il s’avère que cette potion est composée d’ingrédients permettant de prendre l’apparence et un minimum de personnalité d’une victime. Cette potion est très complexe et couteuse mais on peut en trouver. Ou la faire.
─ Et ces preuves ?
─ Ne sont pas avec moi, bien évidemment. Je les ai fournies au Baron pour qu’il puisse vous accuser devant un tribunal. C’est la fin de la partie pour vous.
Pour toute réponse, le faux Celarion lança soudainement une fiole sur Antonio. S’étant préparé à toute éventualité, le Hyurgoth sauta pour éviter celle-ci. Elle explosa au contact du fauteuil et un liquide commença à dissoudre le tissu. Le faux Celarion ne s’était pas arrêté à lancer une fiole mais en avait profité pour s’élancer vers la porte du bureau. Antonio bondit et crocheta le pied de l’Elezen. Celui-ci s’écroula et sentit quelque chose de froid et de dur contre sa gorge.
─ Si tu bouges encore, je n’hésiterai pas à te faire une belle estafilade avec ma dague. Ca ne te tuera pas, ne t’inquiète pas.
S’assurant de sa prise, Antonio parla plus fort.
─ Vous pouvez venir Baron. Il est à vous.

Une porte dérobée s’ouvrit et le Baron, suivie d’une bonne demi-douzaine de gardes, en sortirent. Antonio laissa les gardes prendre l’usurpateur et le ligoter avant de l’emmener dans les geôles de la maison. Le Baron, livide mais digne, se tourna vers Antonio quand ils ne furent plus que tous les deux.
─ Deux de mes fils morts, ainsi qu’un serviteur. Si je ne croyais pas autant en la Justice de cette ville, je le tuerais de mes propres mains.
─ Vu ses crimes et les preuves en votre possession, il sera jugé coupable et sera tué, Baron. Justice sera rendue. Cela ne vous ramènera pas vos enfants ni ne vous permettra d’oublier. Mais vous aurez obtenu justice.
─ Grâce à vous et votre organisation, Antonio. Mais il reste la Duchesse Elana. Car il s’agit bien d’elle ?
─ En effet, Baron. Mais elle n’a jamais voulu ses crimes. Elle est orgueilleuse, ambitieuse, mais ce n’est pas une meurtrière.
─ Elle a mis le loup dans la bergerie, Antonio !
Le Baron s’emportait, sourd aux arguments du Hyurgoth.
─ Vous l’avez dit vous-même, sa créature lui a échappé. Elle en reste tout de même responsable !
─ Baron, l’affaire remportée par Ostrand va être caduque et il y a de fortes chances qu’elle vous soit attribuée. Et cela servira de leçon à la Duchesse Elana. Elle n’a jamais voulu ces différents meurtres.
Le Baron ne dit rien mais Antonio doutait qu’il se range facilement à son avis.
─ Le solde du prix sera envoyé à votre organisation dès demain, Antonio. Encore merci pour tout. Malgré tout, vous avez permis à un vieux père de commencer à panser ses plaies.
Antonio s’inclina devant le Baron.
─ N’hésitez pas à m’appeler si vous avez encore besoin de moi, Baron. Et si le domestique a de la famille, je vous remercierais de leur laisser une petite partie du solde.
─ Il n’avait pas de famille. Aucune.
Antonio sourit avant de partir.
─ Alors je serai payé ce mois-ci.

Antonio prit congé du Baron et prit la direction de la maison Ostrand. Il devait prévenir la Duchesse Elana de la réaction du Baron.
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MessageSujet: Re: Souvenirs fantômes   Mer 17 Mai - 12:07

Chapitre 3

Antonio retira son épée du ventre de la bête, morte, et regarda autour de lui. Ca et là, des hyppocerfs étaient étendus, sans vie. Le camp de La Penne avait demandé à Antonio de les aider à supprimer une partie de ces animaux, bien trop nombreux depuis quelques temps. La régulation des différentes espèces faisait parti du travail des chasseurs du camp mais l’aide d’aventuriers leur permettait de s’occuper d’autres tâches. Ce n’était pas le travail qui manquait dans cette partie de l’Avant Pays Dravanien. Et cela convenait très bien à Antonio.

Avec les évènements tragiques de l’affaire Ostrand-Vilsgard et les découvertes récentes suite à l’assassinat de la Duchesse Elana, Antonio voulait s’éloigner du Bureau pendant un certain temps, mettre de la distance. Il avait attendu que Cyrcée lui fournisse un traitement expérimental pour mieux comprendre ses « crises » passagères. Ensuite, il était parti. Et les villageois de La Penne étaient bien contents d’avoir un aventurier à leur disposition durant quelques jours. Antonio acceptait tout ce qu’on lui demandait : chasse, protection de convois, fortifications, renseignements….Il recevait des gils pour les services rendus, ce qui lui permettait de se loger et de se nourrir au sein même du camp. De temps en temps, il voyait passer des aventuriers. Certains n’étaient que de passage, d’autres restaient pour aider comme lui. Il lui arrivait de faire équipe avec l’un d’eux pour une mission nécessitant plusieurs bras expérimentés. Les jours passaient calmement dans la routine des quêtes qui lui étaient confiées. Même Forne, son chocobo, semblait apprécier cette coupure. Antonio avait commencé un nouveau régime alimentaire concernant Forne, et son plumage semblait changer de couleur. Ce qui ne manquait pas d’étonner le volatile, étonné de voir ses plumes s’assombrir. Antonio souriait à chaque fois qu’il voyait Forne toucher son plumage avec son bec, comme si il se demandait si c’était bien lui. Forne regardait avec méfiance ce que lui donnait à manger Antonio mais il finissait toujours par tout engloutir. Mais comme il avait son rôle à tenir, Forne continuait de vouloir mordre Antonio dès qu’il le pouvait. Et celui-ci n’hésitait pas à lui faire payer en retour. Les villageois, notamment les chasseurs, étaient étonnés de voir ce chocobo et cet aventurier agir de la sorte. Et ils étaient encore plus étonnés de voir leur complicité quand il s’agissait d’agir.

Leur travail de la journée consistait donc à abattre des Hyppocerfs, leur nombre étant en forte croissance depuis quelques mois. Leur présence s’avérait nécessaire car ils étaient de très bons charognards, prévenant ainsi les risques de maladies. Mais ils s’attaquaient aussi aux animaux vivants et aux convois quand ils prenaient suffisamment confiance pour s’approcher des routes. Une régulation de leur population s’avérait donc nécessaire de temps en temps. Antonio s’était porté volontaire, allégeant ainsi la charge des chasseurs de La Penne. La matinée touchait à sa fin et Antonio s’était décidé pour trouver encore quelques Hyppocerfs avant de retourner au camp. Il indiqua d’un mouvement de tête à Forne d’avancer et ils cherchèrent une nouvelle proie. Ils n’attendirent pas longtemps avant de voir apparaitre de derrière un gros rocher l’animal. Celui-ci ne les avait pas encore vu, ni senti. Profitant de cet avantage, Antonio s’appliqua à rester face au vent et s’approcha silencieusement de la bête. Commencer par une attaque surprise leur permettrait d’écourter le combat. Les Hyppocerfs étaient dangereux avec leurs longues griffes et leurs crocs pointus. L’animal semblait flairer l’air. Peut être sentait-il le sang de ses congénères morts. Antonio et Forne s’approchait donc doucement, ne faisant aucun bruit. Ils n’étaient plus qu’à une dizaine de mètres quand Antonio sentit la crise arriver.

Tout d’abord, une douleur au niveau du cœur qui faillit lui arracher un cri. Il se retint mais fut obligé de s’appuyer sur Forne. Celui-ci le regarda avant de porter son regard sur l’Hyppocerf. La bête ne les avait pas encore remarqués. Antonio serra les dents, maudissant ce qui lui arrivait au plus mauvais moment. Il tomba à terre, respirant bruyamment, se sentant sans force et transpirant. L’Hyppocerf se retourna et vit deux proies devant lui. De plus, l’odeur de sang venait de leur position, ne faisant qu’accentuer l’envie de mort de l’Hyppocerf. Il chargea.

Forne piaffa et se plaça entre Antonio et l’animal. Le volatile attendit, protégeant son maître. Antonio tremblait fortement et cherchait l’apparition en tournant la tête dans tous les sens. Enfin, il la vit, sur la droite, qui le regardait. L’Hyppocerf bondit sur le chocobo. Forne donna un violent coup de tête et envoya voler l’animal dans les airs. Le chocobo n’attendit pas et chargea à son tour. Antonio tentait maladroitement d’enlever le torse de son armure et y arriva après plusieurs secondes.
─ Piqûre ! Vite ! croassa-t’il.
Il cherchait les seringues, remplies d’un produit concocté par Cyrcée. Ils n’avaient pas eu le temps de tester l’efficacité du traitement. De son côté, Forne empêchait l’Hyppocerf d’approcher d’Antonio, esquivant les attaques et tentant de blesser l’animal. Anotnio trouva enfin une seringue, enleva la protection et, toujours en tremblant, enfonça l’aiguille d’un geste sec dans son cœur. Il cria et se recroquevilla sous la douleur. Le mécanisme interne de la fiole se mit en marche et le produit se répandit rapidement dans le corps du Hyurgoth. Antonio sentit une vague de chaleur l’envahir, le faisant se sentir nauséeux. Il crut que sa tête allait exploser. Il se força à regarder l’apparition. A la regarder elle. Et enfin, il put comprendre ce qu’elle disait.
─ Haukke…trouve…le document…tes origines…rédemption…
La dernière chose qu’il vit avant de s’évanouir fut l’apparition lui répéter sa litanie et Forne combattre seul l’Hyppocerf.

Quand il se réveilla, il trouva Forne assis à ses côtés, surveillant les alentours. Se sentant encore nauséeux, Antonio s’assis et se colla contre son chocobo. Forne se laissa faire, continuant sa surveillance. Après quelques minutes, se sentant mieux, Antonio se leva enfin, imité du volatile. Antonio l’inspecta et vit un liquide poisseux recouvrir certaines parties de l’animal. De plus, il semblait tenir l’une de ses pattes en l’air. Antonio gronda et se concentra. Il prit le temps de soigner magiquement son chocobo et traita méticuleusement sa patte blessée. Forne regarda Antonio et piailla.
─ Je vais mieux, Forne. La crise est passée. Repose toi un peu et nous rentrerons. A mon tour de veiller sur toi mon vieux.
Forne tenta alors de mordre Antonio avant de s’asseoir en piaillant. Antonio se demandait si il n’agissait pas d’un rire.
─ Moque toi, vas-y. Mais si tu continues, je te mets au régime sec !
Forne regarda Antonio en ouvrant méchamment le bec. Le Hyurgoth regarda l’Hyppocerf que son chocobo avait combattu pour le protéger. Il passa sa main sur le museau de l’animal et le caressa.
─ Merci mon vieux. Merci.
Forne referma son bec et profita des caresses.

Une fois de retour à La Penne, Antonio fit son rapport et vérifia que Forne ait quelques sucreries supplémentaires dans son bac. Puis il alla préparer ses affaires. Il était temps de rentrer et d’aller au Manoir des Haukke.[/justify]
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